samedi 16 mai 2020

510 : Panorama de l'étranger : 2019, par SDER

ÉTRANGER.. 
CC, 1re Civ., 21 novembre 2018, pourvoi n° 18-11.421, Bull. 2019 - P+B+I.. 
CC, 1re Civ., 17 octobre 2019, pourvoi n° 18-24.043, Bull. 2019 – P+B+I.... 



Sommaire 1 : Les mentions d’un procès-verbal indiquant qu’une personne accepte de suivre les fonctionnaires de police suffisent à établir l’absence de contrainte exercée sur elle pour se rendre au poste de police.

Sommaire 2 : Un procès-verbal de vérification de situation administrative ne constitue pas une audition et peut intervenir dans un court laps de temps précédant la notification de la décision de placement en rétention.

Sommaire 3 : Lorsqu’aucune mesure d’enquête ou de vérification n’est nécessaire et que l’irrégularité de la situation d’un étranger est apparue dès le contrôle, cette personne peut être invitée à suivre les policiers pour recevoir la notification de son placement en rétention et de ses droits, sans qu’il y ait lieu d’organiser une retenue aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français, au sens de l’article L. 611-1-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Sommaire 4 : Les garanties procédurales qui assurent à l’étranger, notamment au chapitre III de la directive retour n° 2008/115/CE du 21 décembre 2008, le droit d’être entendu, avec une assistance juridique, sur la légalité du séjour et les modalités de son retour, ne s’appliquent pas aux décisions de placement en rétention, mais aux décisions d’éloignement dont la contestation ne relève pas de la compétence de l’autorité judiciaire.

Doctrine :

-   Olivera BOSKOVIC, « Droit des étrangers et de la nationalité – Décembre 2017 - Décembre 2018 »,
D., 2019, p. 347

CC, 1re Civ., 16 janvier 2019, pourvoi n° 18-50.047, Bull. 2019 - P+B+I. 


Sommaire : L’étranger qui entend contester la régularité de la décision le plaçant en rétention administrative doit saisir le juge des libertés et de la détention par requête adressée par tout moyen avant l’expiration d’un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de cette décision.

Doctrine :

-    Emmanuel PUTMAN, « Vulnérabilité de l’étranger et irrégularité d’une rétention administrative : précisions de la Cour de cassation », RJPF, n° 3, mars 2019, p. 18

CC, 1re Civ., 15 mai 2019, pourvoi n° 18-19.276, Bull. 2019 - P+B+I. 


Sommaire : L'étranger qui n'a pas formé de recours contre la décision de placement en rétention n'est pas privé du droit de soulever des exceptions tirées de l'irrégularité de la procédure préalable à cette mesure, lorsque le juge des libertés et de la détention statue pour la première fois sur sa prolongation.

Doctrine :

-   Annick BATTEUR, « Révision de la prestation compensatoire », L'Essentiel Droit de la famille et des personnes, septembre 2019, n° 8, p. 5


CC, 1re Civ., 13 juin 2019, pourvoi n° 16-22.548, Bull. 2019 - P+B+I... 


Sommaire 1 : Le rétablissement d’un contrôle à une frontière intérieure de l’espace Schengen, en raison d’une menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, tel que prévu à l’article 25 du règlement 2016/399, ne modifie pas la nature intérieure de la frontière.

Sommaire 2 : Même dans le cas d’un tel rétablissement de contrôle aux frontières, la directive “retour” s’applique et s’oppose à la réglementation permettant, du seul fait de l’entrée irrégulière par une frontière intérieure, l’emprisonnement d’un ressortissant de pays tiers pour lequel la procédure de retour n’a pas encore été menée à son terme.

Sommaire 3 : A défaut d’infraction punie d’emprisonnement, la garde à vue, fondée sur la seule entrée sur le territoire d’une telle personne, est irrégulière.

Doctrine :

-     Catherine BERLAUD, « Étranger arrêté à la frontière d'un pays de l'UE pendant la période de rétablissement des frontières de la France », Gaz. Pal., n° 27, 23 juillet 2019, p. 27
-     Vincent TCHEN, « Nouvelle confirmation du plein effet de la directive « retour » », JCP éd. G,    n° 26, 1er juillet 2019, 710


Sommaire : Il résulte de l’article L. 554-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qu’un étranger ,ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ et que l’administration n’a obligation d’exercer toutes diligences à cet effet qu’à compter du placement en rétention.

Ajoute une condition à la loi le premier président qui exige de l’administration qu’elle justifie de l’accomplissement de diligences nécessaires à l’éloignement de l’étranger durant la période incarcération ayant précédé le placement en rétention.

Doctrine :
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CC, 1re Civ., 17 octobre 2019, pourvoi n° 18-24.043, Bull. 2019 – P+B+I.... 


Sommaire : Les litiges concernant l’entrée, le séjour et l’éloignement des étrangers n’entrent pas dans le champ d’application de l’article 6, § 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

L’absence de décision du juge des libertés et de la détention au terme du délai de vingt-quatre heures prévu à l’article L. 552-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d‘asile ne peut être assimilée à une décision implicite de rejet de la requête en contestation de l’arrêté de placement en rétention. Un appel formé dans ces circonstances est irrecevable.

Doctrine :


-      Marie BOMARE, « Droit des étrangers : le silence du JLD ne vaut pas décision implicite »,
Actualités du droit, 23 octobre 2019

507 : Panorama de donation: Dec 2018 - Oct 2019, par SDER

DONATION.. 
CC, 1re Civ., 5 décembre 2018, pourvoi n° 17-27.982, Bull. 2018 - P+B... 

CC, 1re Civ., 13 février 2019, pourvoi n° 18-11.642, Bull. 2019 - P+B... 

1re Civ., 5 décembre 2018, pourvoi n° 17-27.982, Bull. 2018 - P+B


Sommaire : La réduction d’une libéralité préciputaire oblige le gratifié à restituer à la masse partageable tout ce qui excède le disponible.

Doctrine :

-    G. DROUOT, « Absence d’imputation subsidiaire d’une libéralité hors part sur la part de réserve de l’héritier gratifié : une cassation chirurgicale », RJPF, n° 3, mars 2019
-    Gregory DUMONT, « Rapport et réduction d’une donation soumise au rapport forfaitaire », Gaz. Pal., n° 13, 2 avril 2019, p. 74
-    Michel GRIMALDI, « Utile rappel (à propos de la réduction d’une donation assortie d’une clause de rapport forfaitaire) : l’indemnité de réduction pour atteinte à la réserve est due à la masse partageable », RTD civ., 2019, p. 158
-    Nathalie LEVILLAIN, « Rappel : ne pas confondre rapport et réunion fictive », AJ Famille, 2019,
p. 48
-   Alex TANI, « Incidence(s) de la clause de rapport forfaitaire », Dr. fam., n° 3, mars 2019, comm. 58
-    Bernard VAREILLE, « Les particularismes de la liquidation en présence d’une clause de rapport forfaitaire », Defrénois, n° 18-20, 3 mai 2019, p. 30

CC, 1re Civ., 16 janvier 2019, pourvoi n° 18-10.603, Bull. 2019 - P+B 


Sommaire : Il résulte des articles 953 et 954 du code civil que l’action en révocation d’une donation pour inexécution des charges, qui tend à la restitution du bien donné, peut être intentée par le donateur ou ses héritiers.

Viole ces textes la cour d’appel qui, après avoir constaté qu’une donation d’œuvres d’art avait été subordonnée par leur auteur à l’absence de revente et d’exploitation à des fins commerciales de ces œuvres, déclare irrecevable la demande de révocation pour inexécution des charges formée par sa veuve, bénéficiaire notamment de l’attribution intégrale en toute propriété des biens meubles dépendant de la communauté universelle, aux motifs que les charges relevant, par leur nature, du droit moral de l’artiste, entièrement dévolu à ses enfants, celle-ci n’avait pas qualité à agir.

 SDER, Les grands arrêts (R) du droit de la famille, 1e Ed. RJCC, Paris, Dec 2022, Coll. Les grands arrêts (R),T 3, sous n° 448.


 

SDER, Les grands arrêts (R) du droit de la famille: 1999 - 2021, 1e ed. Dec 2022, RJCC, Paris, Coll. Les grands arrêts (R),T 3. sous n° 448, (140 pages).

 

82 grands arrêts (R)

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Doctrine :


-      Charles-Édouard BUCHER, « L'action en révocation de la donation d'une œuvre d'art pour inexécution des charges la grevant peut être intentée par un héritier même non titulaire du droit moral de l'artiste », AJ contrat, 2019, p. 198
-    Simon DESSIS, « Précisions sur la révocation d'une donation d'œuvre d'art pour inexécution des charges », JCP éd. N, n° 16, 19 avril 2019, p. 1169
-    Sophie DEVILLE, « Donation d'œuvre d'art et inexécution des charges : affirmation du caractère patrimonial de l'action en révocation », Gaz. Pal., n° 13, 2 avril 2019, p. 66
-    Pauline GOURDON, « Recevabilité de l'action en révocation d'une donation d'œuvres d'art avec charge », Gaz. Pal., n° 14, 9 avril 2019, p. 78
-     Quentin GUIGUET-SCHIELÉ, « Révocation d'une donation d'œuvre d'art pour inexécution des charges », Dalloz actualité, 11 février 2019
-    Nathalie LEVILLAIN, « Action en révocation d'une donation d’œuvres d'art », AJ Famille, 2019,  p. 220
-       Véronique MIKALEF-TOUDIC, « Précisions sur l'action en révocation d'une donation pour ingratitude », Dalloz actualité, 25 février 2019
-    Pierre NOUEL, « Plis et couleurs d’une donation artistique : précisions sur l’action en révocation pour inexécution des charges « , Revue Lamy droit de l’immatériel, n° 157, mars 2019, p. 24

CC, 1re Civ., 17 octobre 2019, pourvoi n° 18-22.810, Bull. 2019 – P+B+I.. 


Sommaire : Selon l’article 922 du code civil la réduction se détermine en formant une masse de tous les biens existant au décès du donateur ou du testateur. Les biens dont il a été disposé par donation entre vifs sont fictivement réunis à cette masse, d'après leur état à l'époque de la donation et leur valeur à l'ouverture de la succession. S'il y a eu subrogation, il est tenu compte de la valeur des nouveaux biens au jour de l'ouverture de la succession, d'après leur état à l'époque de l'acquisition. La subrogation prévue par ce texte inclut toutes les donations, y compris celles de sommes d’argent.

Ainsi, lorsqu’un fils reçoit une somme d’argent de sa mère et l’emploie pour acquérir la nue- propriété d’un bien immobilier, il convient de retenir la valeur de ce bien au jour de l’ouverture de la succession, d’après son état à l’époque de son acquisition pour la réunir fictivement à la masse  de calcul de la réserve héréditaire et de la quotité disponible, en vue de déterminer une éventuelle réduction.

Doctrine :
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DONATION-PARTAGE


1re Civ., 13 février 2019, pourvoi n° 18-11.642, Bull. 2019 - P+B


Sommaire : La donation-partage, qui peut être faite en deux temps ainsi que le prévoit l'article 1076 du code civil, ne constitue pas un partage ordinaire que les attributaires pourraient contester mais un partage fait par l'ascendant de son vivant et selon sa seule volonté qui se forme dès que l'un des enfants a accepté son lot.


Ayant constaté que deux des enfants avaient accepté leur lot, la cour d'appel en a exactement déduit que le refus de certains bénéficiaires était sans effet sur la validité et l'opposabilité de la donation-partage.

Doctrine :

-    Claude BRENNER, « Une donation-partage en deux temps trois mouvements », JCP éd. G, n° 18, 6 mai 2019, p. 479
-    Michel GRIMALDI, « La donation-partage est une donation de lots, et non un partage de biens donnés », RTD Civ., 2019, p. 386
-   Nathalie LEVILLAIN, « Donation-partage avec partage par acte séparé », AJ Famille, 2019, p. 342
-    Marc NICOD, « Donner des biens indivis, puis les partager : c'est faire une donation-partage ! », Dr. fam., n° 5, mai 2019, comm. 108
-       Bernard VAREILLE, « La donation-partage serait parfaite par l'acceptation d'un seul lot »,
Defrénois, n° 18-20, 3 mai 2019, p. 34

jeudi 14 mai 2020

456 : Panorama des arrêts rendus en Assemblée plénière au cours de 2019, par CC



Panorama des grands arrêts de la Cour de Cassation : Jan 2019 – Dec 2019, RJCC, N° 7, mai 2020.


Arrêts rendus en assemblée plénière et en chambre mixte

Assemblée plénière
1. Arrêts rendus en matière civile
A. Arrêt n°643 du 5 avril 2019 (18-17.442) -Cour de cassation - Assemblée plénière
TRAVAIL, RÉGLEMENTATION - SANTÉ ET SÉCURITÉ
Cassation partielle
Réparation du préjudice d’anxiété lié à l’amiante

Même s’il n’a pas travaillé dans l’un des établissements mentionnés à l’article 41 de la loi du 23 décembre 1998, un salarié exposé à l’amiante et ayant, de ce fait, un risque élevé de développer une maladie grave peut demander la réparation d’un préjudice d’anxiété, sur le fondement du droit commun régissant l’obligation de sécurité de l’employeur. Il devra en apporter la preuve.
Cette décision rendue par l’assemblée plénière de la Cour de cassation, le 5 avril 2019, constitue un revirement de jurisprudence.



B. Arrêt n°647 du 28 juin 2019 (19-17.330 ; 19-17.342) -Cour de cassation - Assemblée plénière
SÉPARATION DES POUVOIRS
Cassation sans renvoi
La Cour de cassation casse l’arrêt de cour d’appel qui ordonnait le maintien des soins vitaux prodigués à M. X…., et ne renvoie pas l’affaire devant un nouveau juge. La Cour de cassation déclare la juridiction judiciaire incompétente.


C. Arrêt n°648 du 4 octobre 2019 (10-19.053) -Cour de cassation - Assemblée plénière
GPA - FILIATION
GPA faite à l’étranger et lien de filiation avec la mère d’intention 
Une GPA réalisée à l’étranger ne fait pas, à elle seule, obstacle à la reconnaissance en France d’un lien de filiation avec la mère d’intention. Dans le cas d’espèce, seule la transcription des actes de naissance étrangers permet de reconnaître ce lien dans le respect du droit à la vie privée des enfants. 

2. Arrêts rendus en matière pénale
A. Arrêt n°646 du 10 mai 2019 (18-82.737) -Cour de cassation - Assemblée plénière
PRESSE Rejet
Le 26 février 2015, le Royaume du Maroc, représenté par son ministre de l’intérieur, a fait citer un de ses ressortissants, devant le tribunal correctionnel de Paris, du chef de diffamation publique envers un particulier. Etaient en cause des propos tenus sur des chaînes de télévision françaises à l’occasion de la manifestation du 11 janvier 2015 (pourvoi n° 18-82.737).

B. Arrêt n°649 du 25 octobre 2019 (17-86.605) - Cour de cassation - Assemblée plénière
PRESSE Rejet
Ne dépasse pas les limites admissibles de la liberté d’expression la diffusion, lors d’une émission de télévision, d’une affiche qui associe une personnalité politique, candidate à l’élection présidentielle, à un excrément, dès lors que cette affiche, initialement publiée dans un journal revendiquant le droit à l’humour et à la satire, comporte une appréciation du positionnement politique de cette candidate à l’occasion de l’élection et a été montrée avec d’autres affiches parodiant chacun des candidats, dans la séquence d’une émission polémique s’apparentant à une revue de presse, mention étant expressément faite que ces affiches émanent d’un journal satirique et présentent elles-mêmes un caractère polémique.



C. Arrêt n°650 du 9 décembre 2019 (18-86.767) - Cour de cassation - Assemblée plénière
PREUVE
La Cour de cassation rejette le pourvoi formé contre la décision prise par une chambre de l’instruction de rejeter les demandes d’annulation des actes de la procédure fondées sur la déloyauté du procédé employé par la police pour apporter la preuve de la tentative de chantage dont aurait fait l’objet une personne.

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CC, Panorama des arrêts rendus en assemblée plénière au cours de 2019 , RJCC, mai 2020, sous n° 456. (29 pages)

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CC, Panorama des arrêts rendus en assemblée plénière au cours de 2016, RJCC, 23 mars 2017, sous n° 360. p. 17 pages.


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CC, Panorama des arrêts rendus en chambres mixtes: Sept 2015 - Juillet 2015, RJCC, 24 mars 2016, sous n° 385. p. 11 pages. 

م ب، بانوراما قرارات الجمعية العامة للغرف الكبرى :  يونيو 1981 - دجنبر 2010، منشورات مجلة قم نفر، باريس، دجنبر 2010، تحت رقم 168.